Docteur en géopolitique habilité à diriger des recherches (HDR).
Professeur de relations internationales à l’ESG Management School
Maître de conférences à Sciences-Po Paris et à Paris School of Business
Directeur de séminaire à l’Institut français de géopolitique
Consultant en risques-pays
Organisateur des Rencontres Internationales géopolitiques de Trouville
Lauréat 2015 du Grand Prix de la Société de géographie

Quelques ouvrages :

Près de 100 cartes et infographies nouvelles ou actualisées pour mieux comprendre la complexité politique, socio-économique, démographique, culturelle, diplomatique et stratégique d’Israël.Les courants de pensée et les faits historiques à l’origine de la création de l’Etat d’Israël ;Les enjeux démographiques : des fantasmes à la réalité ; La question délicate des ressources : eau, énergie, commerce, matière grise ; L’histoire sans fin des pourparlers israélo-palestiniens. Dans cette quatrième édition actualisée et enrichie, l’auteur, spécialiste reconnu de la géopolitique d’Israël, aborde tous les aspects du sujet. Un ouvrage de référence.

 

Donald TRUMP

 

Donald Trump, 45e président des Etats-Unis, photographié à la Maison Blanche le 23 février 2017.REUTERS/Jonathan Ernst

Contre toute attente, le milliardaire imprévisible et outrancier new-yorkais Donald Trump, 70 ans, a remporté l’élection présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, face à la démocrate Hillary Clinton. Investi Président le 20 janvier 2017, il a succédé à Barack Obama. Promettant à l’Amérique ordre et sécurité, il fait de la lutte contre l’immigration, la priorité de son administration à la maison blanche, symbolisée notamment par son projet de mur à la frontière avec le Mexique. Après une campagne iconoclaste souvent en opposition avec la ligne de son propre parti, le magnat de l’immobilier multiplie les bravades à l’international, notamment evers la Corée du Nord, la Chine et l’Iran.

FIGAROVOX.- Donald Trump s’est rendu en Israël lundi et mardi, dans un contexte toujours tendu, avec une paix israélo-palestinienne qui semble ne jamais devoir voir le jour. Quel était le but de cette visite? Frédéric ENCEL.- Je pense qu’il a souhaité endosser les habits du président responsable, écouté et influent. De ce point de vue, se rendre dans un pays ami tel qu’Israël comportait très peu de risques! Même les Palestiniens lui feraient nécessairement un bon accueil tant le rapport de force leur est défavorable sur le terrain, face à Israël. Plus structurellement, Trump cherche à renforcer une ceinture stratégique israélo-arabe face à l’Iran et ses alliés dans la région ; un discours de combat lors de sa visite en Arabie saoudite et le vol direct Riyad-Tel Aviv l’illustrent bien.

 

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Frédéric Encel fait le bilan de la visite de Donald Trump en Israël. Pour lui, ce voyage visait surtout à affirmer une position fortement anti-iranienne.

Trump espère-t-il être celui qui apportera une solution au problème israélo-palestinien?Bien malin qui pourrait répondre à cette question essentielle! D’abord parce qu’il n’a jamais affiché jusque-là une passion particulière pour ce dossier, ensuite parce qu’il ne paraît pas avoir encore travaillé le dossier. Ses rodomontades de campagne électorale mais aussi – plus gênant – ses récents revirements brouillons sur le transfert de l’ambassade américaine, la solution à deux États ou les implantations laissent à penser qu’il n’est pas prêt. Cela dit, il pourrait vouloir s’investir sérieusement soit pour marquer l’Histoire, soit plus prosaïquement dans l’objectif anti-iranien que j’évoquais.Quelles ont été les positions défendues par Donald Trump lors de sa visite, notamment lors de son discours? A-t-on assisté à une rupture importante, par rapport au positionnement de Barack Obama? Manifestement, Trump ne parlera pas beaucoup Droits de l’homme durant son mandat! Quand Obama, en 2009 au Caire, évoquait la bonne gouvernance et les droits humains, son successeur prétend ne pas vouloir donner de leçons au sein de la très répressive Arabie saoudite… Le message est clair, qui renvoie à une tendance réaliste de la diplomatie. Et puis, bien entendu, on a là le choix clair et résolu de l’axe (ou du monde) sunnite contre l’axe russo-chiite, quitte à menacer l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet 2015.
Quelles conséquences peut-on espérer de cette visite? Sur le volet proche oriental, aucune sans implication réelle et sérieuse du président. Car pour l’heure, les positions israélienne et palestinienne sont trop éloignées pour pouvoir espérer une reprise des pourparlers. Sur le volet saoudien, c’est la balance commerciale américaine qui va y gagner !